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La saga de Status Quo

Peu de groupes anglais peuvent se vanter d’avoir vendu plus de 100 millions de disques et d’avoir placé 43 singles et 25 albums dans le hit-parade de leur pays entre 1968 et 1991. C'est pourtant la performance réussie par Status Quo, qui s'apprête à fêter ses quarante ans d'existence, un groupe toujours mené par Francis Rossi et Rick Parfitt.
L'actualité récente concernant Status Quo est multiple. Un double CD, "XS ALL AREAS, THE GREATEST HITS", est paru en septembre dernier : c'est une compilation qui réunit 40 titres dont deux inédits enregistrés en 2004 : "Thinking of you" et "You'll come 'round". Cette compilation existe aussi sous la forme d'un DVD qui porte le même titre.
En même temps, Francis Rossi et Rick Parfitt, publiaient un livre, "XS All Areas, The Status Quo Biography", où ils racontent toute leur histoire.
La première biographie du groupe en français sortira dans le courant de l'année sous le simple titre "Status Quo".
Enfin, "XS All Areas" est aussi le nom de la tournée 2004-2005 de Status Quo, qui se produit actuellement en Angleterre avant de faire étape dans les pays nordiques.



La saga en intérale
Francis Michael Rossi est né le 29 mai 1949 à Peckham, dans la banlieue sud de Londres. En 1962, à la Sedgehill Comprehensive School de Beckenham, il rencontre Alan Lancaster, son aîné de quelques semaines, avec qui il décide de former un groupe.
Baptisé The Scorpions, puis The Spectres, le groupe se stabilise en septembre 1962 autour de Francis Rossi à la guitare et au chant, Alan Lancaster à la basse, Jess Jaworski aux claviers et John Coghlan, un ancien des Cadets, à la batterie.
Les Spectres répètent dans un local de la Royal Air Force à Dulwich et, à la fin de l’année scolaire 1964, ils se produisent à Londres, au légendaire “Café des Artistes” de Fulham Road.
En 1965, ils obtiennent un contrat pour la saison estivale dans un club de vacances de Butlins. Jess Jaworski renonce pour poursuivre ses études et c’est l’organiste Roy Lynes qui lui succède.
Le 18 juillet 1966, les Spectres signent avec Piccadilly Records, un label qui sera par la suite intégré à Pye.
Ils enregistrent trois 45-tours, mais sans grand résultat : d'abord une reprise de Shirley Bassey, “I who have nothing”, en septembre 1966 ; puis une composition d’Alan Lancaster, “Hurdy gurdy man”, en novembre.
Enfin, en février 1967, ils proposent une version de “(We ain’t got) nothing yet”, le tube du groupe psychédélique Blues Magoos.



En mai 1967, les Spectres changent leur nom en Traffic. Mais ils apprennent vite que ce nom est déjà celui du nouveau groupe de Stevie Winwood, et ils se rebaptisent Traffic Jam.
Ils publient un 45-tours, ”Almost but not quite there”, qui ne marche pas mieux que les précédents. L’heure est au bilan, et celui du groupe est plutôt négatif. En désespoir de cause, leur manager Pat Barlow décide de leur trouver un nom plus percutant.
Après avoir tout de même hésité entre The Muhamad Ali’s et The Queers, leur choix se porte sur The Status Quo.

Pour gagner leur vie, The Status Quo accompagnent la chanteuse Madeline Bell.
En novembre 1967, ils recrutent un second guitariste, Rick Parfitt, qui faisait partie jusque-là d’un trio de cabaret baptisé The Highlights.
Puis ils publient leur premier 45-tours, une composition de Francis Rossi intitulée “Pictures of matchstick men”.

“Pictures of matchstick men” est une chanson psychédélique tout à fait dans l'air du temps. C’est un tube qui se classe N°7 en Angleterre en janvier 68 et qui parvient même à effectuer une percée aux Etats-Unis.
Mais ce n’est qu’un feu de paille. En avril, leur deuxième 45-tours, “Black veils of melancholy”, est un échec.
Heureusement, ils se rattrapent dès le mois d'août avec “Ice in the sun” qui atteint la huitième place du hit-parade britannique.



Ces trois 45-tours se retrouvent sur le premier album du groupe, “PICTURESQUE MATCHSTICKABLE MESSAGES FROM THE STATUS QUO”, qui sort en août 1968.
A l’image de la pochette qui montre cinq jeunes gens permanentés sortant tout droit des boutiques de Carnaby Street, leur musique sent l’artifice et le préfabriqué.
Les singles qui suivent sont des échecs, et seul “Are you growing tired of my love" tirera son épingle du jeu en mai 69.
C'est un extrait de leur deuxième album, “SPARE PARTS”, qui paraît quatre mois plus tard.

Des difficultés financières se profilent à l’horizon, et bientôt The Status Quo rejette son image pop pour une approche plus directe : les tenues sophistiquées sont remplacées par des jeans, et la musique devient plus directe et plus simple.
En même temps, The Status Quo devient Status Quo tout court.
En septembre 1970, l’organiste Roy Lynes quitte le groupe. Il a tout de même participé à l’enregistrement de “MA KELLY’S GREASY SPOON”, un album fortement teinté de blues qui sort un mois plus tard.
Au même moment, le single isolé “In my chair” - “notre première vraie chanson”, dira Francis Rossi -, se classe N°21.

A partir de ce moment, Status Quo se tourne vers un rock plus rugueux, enregistrant en direct dans le studio sans rien ajouter au mixage.
C’est un tournant définitif et Rick Parfitt a encore en mémoire cette époque où tout a basculé.

"Il y a vingt ans, on faisait de la bubble-gum music. C’est comme ça qu’on appelait ça en Angleterre à l’époque. Je ne pense pas d’ailleurs que ce style musical ait beaucoup évolué depuis. Pour nous, le temps du boogie a commencé en 1970 - 1971."




Après le départ de Roy Lynes, la composition de Status Quo va rester stable pendant douze ans.
Les quatre musiciens, Francis Rossi, Rick Parfitt, Alan Lancaster et John Coghlan seront unis, pour le meilleur et pour le pire, dans une lente ascension vers la gloire.
En décembre 1971, “DOG OF TWO HEAD” est leur dernier album à paraître sur le label Pye.

Status Quo tourne intensément pendant toute l’année 1972, perfectionnant ce boogie à douze mesures qui sera désormais son image de marque.
Le groupe devient une attraction très populaire et triomphe au Festival de Reading. C’est donc muni d’une expérience scénique incomparable qu'ils entrent en studio pour enregistrer pour leur nouveau label, Vertigo.
L’album “PILEDRIVER” et le 45-tours “Paper plane” sortent simultanément en février 1973.
Ils se classent respectivement N°5 et N°8 dans les hits-parades et, à partir de cette époque, tous les disques de Status Quo figureront régulièrement dans les classements anglais.

En septembre 1973, en prélude à un nouvel album, parait ce qui reste encore aujourd’hui l’hymne définitif de Status Quo, “Caroline”.
Dans la foulée, l’album “HELLO” entre directement à la première place des charts anglais.
A ce moment, la carrière du groupe se déroule de façon très limpide, les N°1 succédant aux N°1.
Bien sûr, la critique fait la fine bouche, mais elle ne fait pas le poids face aux chiffres des ventes et aux réactions du public lors des concerts.



En mai 1974, comme son prédécesseur, l’album “QUO” est N°1 dès sa sortie. Status Quo est désormais le groupe le plus populaire de Grande-Bretagne et ses concerts font salle comble dans tout le pays.
Le 18 janvier 1975, avec "Down Down", ils décrochent enfin leur premier N°1 dans le classement des 45-tours.
C'est un extrait de l’album “ON THE LEVEL” qui parait un mois plus tard.

Mis à part l’album “On the level”, l’année 1975 n'est pas riche en événement discographique, si ce n’est la sortie en mai de "STATUS QUO LIVE", un 45-tours EP qui propose trois de leurs classiques enregistrés en public.
Après avoir fêté le Nouvel An comme tête d’affiche du Great British Festival de Londres, le groupe aborde l’année 1976 avec “Rain”, un extrait de “BLUE FOR YOU”, son quatrième album à se classer instantanément N°1.
C'est à partir de cette époque que le clavier Andy Bown vient renforcer Status Quo, aussi bien sur scène qu'en studio.
C'est un musicien qui a déjà pas mal roulé sa bosse. Ancien du groupe The Herd, il a travaillé notamment avec Peter Frampton et Pink Floyd.

En 1976, Status Quo élargit encore son image en l’imposant au-delà de la musique : ils apparaissent dans une publicité pour les jeans Levi’s. Ce n’est pas surprenant, car le jeans constitue leur tenue habituelle à la ville comme à la scène. C’est aussi l’uniforme adopté par les plus fervents de leurs admirateurs réunis dans un fan-club baptisé The Army.
En mars 1977, “STATUS QUO LIVE” est le titre de leur dixième album. Il a été enregistré lors de trois concerts délirants à l’Apollo de Glasgow et il témoigne d’une époque qui s’achève, et pendant laquelle les musiciens se sont élevés à la seule force de leur boogie.
Pour boucler la boucle, Status Quo est élu meilleur groupe de hard-rock britannique à la cérémonie des Rock & Pop Awards décernés par le Daily Mirror.



Après dix années de carrière et dix albums, Status Quo s'est imposé comme une attraction majeure de la scène rock.
En octobre 1977, c’est Pip Williams qui produit le 45-tours et l’album “ROCKIN’ ALL OVER THE WORLD”.
C’est la première fois depuis l’époque Pye que Status Quo refait appel à un producteur pour réaliser un de ses albums. C'est aussi la première fois depuis bien longtemps qu'ils publient un 45-tours qui est une reprise, en l’occurrence un ancien succès de Creedence Clearwater Revival.

Pour Status Quo, "Rockin' all over the world" est un titre qui colle parfaitement à la réalité. Pendant les dix-huit mois qui suivent, il accompagne le groupe dans un véritable voyage autour du monde, où tous les concerts se donnent à guichets fermés.
C'est au milieu de cette longue tournée, en octobre 1978, que parait l’album “IF YOU CAN’T STAND THE HEAT”. Enregistré en Hollande, toujours sous la direction de Pip Williams, on y trouve leur succès de l'année : "Again and again".

Status Quo passe la majeure partie de l’année 1979 en Grande-Bretagne où ils donnent une série de 46 concerts qui démarre à Wembley pour s’achever triomphalement à l’Hammersmith Odeon de Londres.
En octobre, John Shearlaw publie leur biographie officielle, au moment où sort l’album “WHATEVER YOU WANT”.
Status Quo n’est plus un groupe rebelle. Ils sont devenus une institution respectée et font désormais partie des piliers du rock britannique.
En avril 1980, leur maison de disques, Vertigo, met sur le marché une compilation intitulée “TWELVE GOLD BARS”.



“Twelve gold bars” est un hommage au talent et à la réussite de Status Quo, rien de plus. Pourtant, cette parution fait se répandre la rumeur d’une séparation imminente.
Il n’en est rien. Le groupe est à Dublin en train de peaufiner l’album “JUST SUPPOSIN’ “ qui parait en octobre 1980.
Le titre “What you’re proposing” se classe N°2 et début 1981, Status Quo annonce sa première tournée depuis deux ans.
La demande est si forte que les musiciens ont décidé de commencer les concerts en Angleterre, de tourner ensuite en Europe Continentale, puis de revenir sur leur île pour finir en apothéose.

L’album “NEVER TOO LATE” sort en mars 1981, annoncé par le 45-tours “Something ‘bout you baby I like”.
Status Quo reçoit alors le Silver Clef Award pour services rendus à l’industrie britannique du disque : à cette époque, ils ont vendu 8 millions d’albums, 12 millions de 45-tours et ils comptabilisent 91 disques d’or, d’argent et de platine. L’année 1982 commence donc sous d’heureux auspices, mais la fête est en partie gâchée par l’annonce du départ du batteur John Coghlan.

Après le départ de John Coghlan, on reparle avec insistance de séparation, mais la rumeur est sans fondement. C’est Pete Kircher, un ancien des Original Mirrors, qui reprend la batterie et qui complète l’album “1982”. Il se classe N°1 des albums en Angleterre, ce qui n’était pas arrivé depuis six ans.
Pour les fêtes de fin d’année, un coffret de trois disques est mis sur le marché. Véritable pièce de collection, il est intitulé “FROM THE MAKERS OF...”, et se présente sous la forme d’une boite en fer bleue.
On y trouve la plupart des tubes de Status Quo et un album “live” inédit, soit un total de 36 titres.
Septembre 1983 marque la sortie d'un nouveau 45-tours, “Ol’ rag blues”.

“Ol’ rag blues” est un avant-goût de l’album que Status Quo est en train d’enregistrer aux studios Air de Montserrat.
Intitulé “BACK TO BACK”, il sort finalement en octobre 1983 et le single “Marguerita time” se classe N°3.
Parmi toutes les tournées de Status Quo, celle de 1982 avait revêtu une importance toute particulière pour le groupe. Le 14 mai, ils avaient donné un concert de charité à Birmingham en présence du Prince Charles. C’était la première fois qu’un membre de la famille royale assistait à un concert de rock. C’est cette soirée que l’on retrouve sur l’album “LIVE AT THE N.E.C.”, qui sortira exactement deux ans après l’événement, en mai 1984.
Cette parution coïncide avec ce qui est annoncé comme la dernière tournée du groupe, “The End of the Road Tour”, puisque Status Quo décide alors d’arrêter les concerts. Il semble bien qu’à ce moment, les musiciens soient arrivés à saturation. Trop, c’est trop, explique Francis Rossi.



"En plus des tournées, il y avait des albums à enregistrer. J’aime bien faire des disques, mais je ne sais pas si j’aime autant ça que la scène. Le problème, c’est qu’une fois le show terminé, il reste 22 heures à tuer. On comprend mieux maintenant pourquoi certains musiciens deviennent complètement dingues."

La reprise du succès de Dion, “The wanderer”, est l’inédit que l'on trouve sur la compilation “TWELVE GOLD BARS, VOLUME 2” qui parait en novembre 1984.
Seule manifestation discographique de l’année suivante, le 45-tours “ Modern romance”, un duo de Francis Rossi avec Bernard Frost, est un échec.
De 1985, on retiendra la participation de Status Quo au “Live Aid”. Le 13 juillet, ce sont eux qui ouvrent le gigantesque concert devant 90 mille spectateurs rassemblés à Wembley.
Le Prince de Galles, le plus prestigieux de leurs admirateurs, est là pour les applaudir, tout comme un milliard et demi de téléspectateurs du monde entier.

Début 1986, on apprend qu’à son tour Alan Lancaster quitte Status Quo. Pourtant, une série de concerts en plein air en compagnie de Queen est annoncée. Il reste donc à interroger Francis Rossi pour savoir à quoi ressemble Status Quo nouvelle formule.

"C’est moi, Rick Parfitt et Andrew Bown qui est avec nous depuis une dizaine d’années. Il y a aussi les nouveaux : John Edwards et Jeff Rich qui ont travaillé ensemble dans un tas de groupes depuis dix ans aussi. Ils nous ont été suggérés par notre producteur Pip Williams. Physiquement, ce sont les deux extrêmes : l’un est petit, l’autre est très grand. Ils ne vont guère ensemble mais je m’en fiche. Ils sonnent bien, ils jouent bien."




En mai 1986, Status Quo new-look publie un premier 45-tours, “Rollin’ home”.

Après deux prestations remarquées à Wembley puis au Festival de Knebworth, Status Quo réussit ce tour de force de donner en l’espace de 24 heures trois concerts dans trois pays différents.
A grand renfort d’avions et d’hélicoptères privés, ils se produisent successivement au Danemark, en Angleterre et en Suisse.
En septembre 1986, ils publient leur premier album depuis deux ans, “IN THE ARMY NOW”, qui connaît un énorme succès dans toute l’Europe. C'est d'ailleurs le plus gros succès de Status Quo à ce jour.
Le titre générique de l'album, une reprise du duo hollandais Bolland & Bolland, est N°2 en Angleterre et N°1 au Top 50 français.

Avec le recul, on se rend compte que le phénomène de ras-le-bol qui avait touché le groupe en 1984 n’était pas le signe avant-coureur d’une séparation, comme le croyait alors Francis Rossi.

"Je le pensais à l’époque et c’est pourquoi je suis content d’être de retour. Je n’aurais jamais cru ça possible. C’est le nouvel album qui a été le détonateur de ce regain d’intérêt, de mon retour - j’ai horreur de ce mot -. Ça s’est précisé durant l’enregistrement : l’enthousiasme, les bonnes vibrations ressortent bien sur le disque."


En juin 1988, le nouvel album, "AIN'T COMPLAINING", est accompagné de la traditionnelle tournée anglaise et européenne.
En décembre, Status Quo est N°5 avec “Burning bridges”.

En 1990, Status Quo se prépare à fêter ses vingt-cinq ans de présence discographique et l’ensemble des manifestations organisées autour de cet événement va s’étaler sur plus d’une année.
Ils participent d’abord au Festival de Knebworth le 30 juin 1990. Puis, en septembre, ils publient un nouveau single qui est un pot-pourri de classiques du rock, “The anniversary waltz, part 1”.
Ce titre est N°1 en Angleterre et on peut le retrouver sur la compilation qui sort en novembre 1990, “ROCKIN' ALL OVER THE YEARS.
En septembre 1991, c'est-à-dire exactement vingt-cinq ans après la sortie de son tout premier 45-tours, Status Quo publie un nouvel album, “ROCK ‘TIL YOU DROP”.

C'est en 1966, sous le nom de The Spectres, que Francis Rossi et Rick Parfitt, les deux “anciens” de Status Quo, ont entamé leur carrière de musiciens professionnels. Partis comme ils le sont, ils n’ont aucune raison de s'arrêter. D’autant que, comme le fait remarquer Rick, la relève semble assurée côté public.

"C’est absolument fantastique de voir des parents qui ont grandi avec Status Quo venir avec leurs enfants, des gosses de douze ou treize ans. Toute la famille est là, c’est super, c'est merveilleux."

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Francis Rossi aka Frame or the Gomor Rick Parfitt aka The Womor Alan Lancaster aka "Nuff" John Coghlan aka "Spud" Roy Lynes Andrew Bown Pete Kircher Matt Letley John "Rhino" Edwards Jeff Rich Bob Young Leon Cave the new boy 2013 Paul Hirsh