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Entretien avec Ian Hill - Crossed Guitar Festival 2012 (Pays-Bas)

Bruno : Ravi de te rencontrer, Ian.

Ian : Plaisir partagé, Bruno.

Bruno : Quelle a été ta première guitare et quand te l'es-tu procurée ?

Ian : C'était une "Jedson" rouge, une copie de Telecaster, et ça devait être en 1975.
Ma mère l'avait rachetée pour moi à un copain d'école. J'avais 14 ans.

Bruno : Et ton premier souvenir de guitariste ? C'était aussi à 14 ans ?

Ian : Probablement avant – je devais avoir dans les 12 ans.
J'ai deux grands frères. Ils avaient une guitare acoustique sur laquelle ils jouaient, bien qu'elle n'ait plus que deux cordes !
J'ai commencé à jouer de la guitare sur deux cordes seulement !
Mon plus lointain souvenir, c'est quand mon frère m'a montré comment jouer l'intro de PICTURES OF MATCHSTICK MEN – c'est probablement le premier truc que je me souvienne avoir appris à jouer.

Bruno : Donc, déjà du Status Quo.

Ian : Ouais ! Mon frère aîné a acheté le single de POMM quand il est sorti. Je me souviens l'avoir écouté quand j'étais gosse puis à nouveau quelques années plus tard. C'était chez ma soeur.
Je fouillais dans ses disques (j'avais 11 ou 12 ans) et je suis tombé sur l'album PILEDRIVER !
J'ai, bien sûr, été accroché par l'illustration de couverture – Super !
Comme je connaissais le nom, "STATUS QUO", j'ai passé le disque en m'attendant à un truc dans le genre de POMM.
Alors, j'ai entendu les premières notes de DON’T WASTE MY TIME et là je me suis dit… "TERRIBLE !!"
C'est là que je suis devenu accro – ça devait être en 1973.

Bruno : J'allais justement te demander à quel moment tu es devenu fan de la musique de Status Quo. Donc POMM, ça nous fait fin des années 60, début des années 70 ?

Ian : Je me souviens d'avoir aimé cette chanson (POMM) à sa sortie parce que mes frères avaient acheté le disque mais je n'ai pas fait le lien avant de voir et d'écouter PILEDRIVER ce jour-là, chez ma sœur.
C'est de ça que parle la chanson "Keep on Rockin' On!".
Elle parle du jour où j'ai découvert la couverture de PILEDRIVER et entendu pour la première fois DON'T WASTE MY TIME, et où j'ai su que cette musique était faite pour moi !

Bruno : Ma préférée de toujours.

Ian : Je pense que DON’T WASTE MY TIME est la chanson définitive de STATUS QUO.
Si on ne devait faire entendre à quelqu'un qu'une seule chanson du groupe, ce serait celle-là !

Bruno : Avant ça, qu'est-ce que tu écoutais ? Tu as été influencé par tes frères ? Question classique : tu étais Beatles ou Stones ?

Ian : Aucun de ces deux groupes, en fait.
Je devrais probablement dire les Beatles, parce que ma sœur en était fan.
Je suis né en 1961 et j'ai donc grandi en écoutant tout le temps les Beatles !
Pour moi, les Rolling Stones sont surestimés. J'aime bien quelques-unes de leurs premières chansons mais, là encore, c'est parce que j'entendais ça quand j'étais gosse.
Pour être franc, je n'ai jamais été un grand fan des Rolling Stones.
Je pense que j'écoutais tout simplement la pop music qui passait tous les jours à la radio mais, par l'intermédiaire de mes frères, j'écoutais aussi des gens comme Jimi Hendrix, Free, Jethro Tull et Lindisfarne.
J'ai écouté des tas de musiques différentes en grandissant.
Puis j'ai découvert PILEDRIVER et DON'T WASTE MY TIME et j'ai réalisé que c'était exactement ça que je cherchais !

Bruno : Quand tu parles de DONT WASTE MY TIME et de PILEDRIVER, veux-tu dire que c'est ton album préféré de STATUS QUO ?

Ian : Ça, c'est une question difficile !
Je crois que si tu me disais que je ne peux garder qu'un seul album de Status Quo, je te répondrais PILEDRIVER, mais du point de vue technique, je pense que BLUE FOR YOU est peut-être leur meilleur album.
Pour moi, BLUE FOR YOU est le plus cohérent, sur le plan du son et de la production – c'est là qu'ils ont vraiment trouvé leur son.
Dans PILEDRIVER, ils étaient encore à la recherche de ce son – de leur "identité".

Bruno : On oublie un peu STATUS QUO maintenant. Quoi d'autre dans ta discothèque ?

Ian : TUBULAR BELLS de Mike Oldfied. Une de mes idoles musicales !
J'ai la plupart de ses albums.

Bruno : Vraiment ? Pourquoi ?

Ian : Je pense tout simplement que c'est un génie – ce qu'il a fait avec ce premier album et la façon dont il l'a réalisé.
Je me souviens que tout le monde parlait de cet album, Tubular Bells.
Ce petit jeune qui faisait tout lui-même – ce qui m'a passionné, c'est le fait qu'il ait joué lui-même de tous les instruments.
Je n'avais aucune idée de ce que c'était que la musique avant de l'avoir entendu.
À l'écoute, j'ai trouvé ça sidérant.

Bruno : C'est un univers totalement différent !

Ian : Ah ça, ouais, tout à fait !
En fait, j'aime des genres de musique très divers.
Si tu fouillais dans mes vieux vinyles et CD, tu trouverais, bien sûr, pas mal de rock – Motorhead, Free, Bad Company, AC/DC, Thin Lizzy, ZZ Top etc.
Mais tu y trouverais aussi Mike Oldfield, Genesis, Yes, Steve Hillage, Kate Bush…

Bruno : Tu as anticipé ma question suivante. J'allais te demander ce qui, dans ta discothèque, pourrait surprendre, d'après toi, un fan de STATUS QUO ?

Ian : Cocteau Twins, The Pretenders, The Police…?

Bruno : C'est aussi le genre de musique que j'aime ou que je peux écouter.

Ian : Pour être franc, il y a peu de choses dans la pop music que je n'aime pas.
Je ne suis pas un grand fan de dark metal et de death metal – toutes ces éructations et ces grognements étranges qui remplacent le chant. Ce que j'aime, c'est une mélodie que je puisse chanter en même temps, tu vois ? Ha ha.
Le seul truc que je déteste vraiment, c'est le RAP.
Je ne peux pas écouter ça.

Bruno : N'importe quel rap ?

Ian : Bon, si c'est une chanson, avec une mélodie, ça peut aller.
Mais pour moi, le rap, au fond, ça n'est que du crier-parler sur un rythme répétitif.
Je trouve ça vraiment agaçant – peut-être que je suis trop vieux pour comprendre !
C'est le seul genre de musique qui me fait couper le son volontairement.
Je peux écouter du reggae, du jazz, du blues, de la country – tout ce qui suscite une émotion, me fait sourire, rire, danser, chanter – ou pleurer.
Mon deuxième groupe favori, c'est Free.
Ce que j'adore avec eux, c'est que certaines de leurs chansons vous font presque fondre en larmes – tellement elles sont pleines de "soul" et d'émotion.

Bruno : Qu'est-ce que tu écoutes chez toi, alors ?

Ian : Curieusement, je n'écoute pas beaucoup de musique chez moi, en ce moment.
Plutôt au volant, dans ma voiture.
J'écoute toutes sortes de trucs en voiture – surtout les groupes dont j'ai déjà parlé.
Ça dépend de mon humeur. Je peux écouter Mike Oldfield ou Genesis un jour et Motorhead et SATUS QUO le lendemain !
J'écoutais souvent du Steve Hillage à la fin des années 70 – surtout son album "Green".
Les gens s'étonnaient que j'aime des groupes comme Status Quo et Motorhead mais aussi Genesis et Mike Oldfield !
Pour moi, il y a toujours eu un lien entre des groupes comme Yes et Genesis et les groupes de rock que j'aime également – les styles diffèrent mais j'apprécie le contraste.

Ça a toujours été, pour moi, une question de "son" – des sons et une production qui suscitent l'intérêt.
J'ai toujours été fasciné par le son des synthétiseurs, dès le début des années 70.
Je suis guitariste, mais je ne me passionne pas pour les guitares.
Peu m'importe qu'il s'agisse d'une Les Paul 1959 ou d'une copie à 200 £ – pour moi, ce n'est qu'une guitare de plus.

Mais les synthés et les claviers, ça, ça me fascine – j'adore la technologie.
Un de mes premiers boulots, c'était dans un magasin de musique de Manchester qui s'appelait "A1 Music".
Mon travail consistait à présenter les instruments à clavier, mais le problème, c'était que je ne savais pas en jouer !
J'ai dû apprendre quelques airs me permettant de présenter correctement les instruments, mais j'étais fasciné par leur technologie – je l'ai toujours été.
Bien des années plus tard, j'ai travaillé pour Roland comme spécialiste produit – mon matériel de studio est surtout du Roland !
En fait, à part les guitares, je pense que tout ce que j'ai utilisé pour "Keep on Rockin' On!" a été fabriqué par Roland !

Bruno : Sur ton CD, c'est ta femme qui joue du piano ? Pas toi ?

Ian : Elle joue 3 ou 4 mesures dans une des chansons – "Spin The Wheel".
C'est drôle. J'essayais de faire sonner la partie médiane de cette chanson comme "Break the rules" – le solo de guitare, puis le piano, l'harmonica etc.
Je me battais avec la partie de piano solo quand elle est entrée et m'a dit : "Tu devrais la jouer comme ça" – elle plaisantait, en fait, mais elle a joué ce petit solo et je lui ai dit : "Vas-y, rejoue-le !"
Je l'ai enregistré et elle a été créditée sur le disque.
Elle est une chanteuse, mais c'est aussi une claviériste très douée.

Bruno : Revenons à STATUS QUO. En tant que guitariste, que conseillerais-tu à un fan de STATUS QUO qui voudrait jouer leur musique ? Par où commencerais-tu ?

Ian : Avant tout – trouver ton propre son !
Sur le site web de Status Quo ou les forums de guitare, il y a des tas de gens qui disent : "J'ai trouvé un pédalier – comment je peux obtenir le son de Rick Parfitt ?"
Eh bien, très honnêtement, tu ne sonneras jamais comme Rick Parfitt parce que tu n'es pas Rick Parfitt ! Même si tu jouais sur son matériel, tu ne sonnerais toujours pas comme lui !
Il faut trouver ton propre son.
Je sais, ça fait un peu drôle venant de moi, vu que j'ai enregistré tous ces morceaux sur "Keep On Rockin' On!" qui sonnent comme du Status Quo !
Mais en même temps, c'est mon son à moi.
Je ne pense pas, en fait, qu'ils sonnent vraiment comme du Status Quo – plutôt comme du moi qui essaierait de sonner comme du Status Quo !
(J'espère que je me fais comprendre – Ha ha)

Bruno : Tu leur dirais peut-être de se payer une Fender – plutôt qu'une Gibson ?

Ian : Mouais – peut-être.
Mes guitares n’ont pas de micros Fender. Elles ne sonnent donc pas comme des Telecaster, de toutes façons. En fait, elles ont probablement plutôt un son genre Gibson.
J'ai toujours constaté que si je jouais sur une copie très bon marché et sur une Gibson hors de prix, j'avais exactement le même son sur les deux guitares.
Parce que c'est moi qui crée le son quand je joue – et pas la guitare.
Je ne suis pas un très bon guitariste : j'ai un son correct mais pas très technique. Je ne peux pas jouer dans le style très rapide de Van Halen ou un truc du même genre.

Je n'en ai rien à faire d'avoir une guitare hors de prix – ça ne me ferait pas jouer mieux.
La guitare que j'utilise principalement quand je joue avec le groupe de reprises STATE OF QUO c'est en fait une vieille TOKAI, pas une Fender – c'est une bonne guitare, elle sonne bien et est facile à jouer.
Si vous me mettez dans les mains une Gibson ou une Fender Custom Shop à 2 000 £, ça ne sonnera pas mieux – ça restera toujours mon son.
C'est exactement ce que je disais aux jeunes quand je travaillais dans le magasin de musique de Manchester – ils venaient s'acheter leur première guitare et voulaient y mettre beaucoup d'argent – beaucoup trop ! Ils voulaient une guitare bien particulière en pensant qu'elle les ferait jouer ou sonner mieux.
Moi, je leur disais : "Vous n'en êtes qu'au stade de l'apprentissage. Débutez avec cette guitare meilleur marché, puis reposez-vous la question. Ce n'est pas en vous ruinant pour une guitare hors de prix que vous allez apprendre à jouer mieux."
Les gamins étaient souvent très déçus… sans parler de mon patron qui, lui, aurait voulu que je vende la guitare la plus chère !
Par contre, je pense que les parents étaient ravis !!

Bruno : Une dernière question, Ian. Si Ian Hill n'était pas guitariste, qu'est-ce qu'il serait ?

Ian : Producteur de disques ou ingénieur du son.
J'ai toujours voulu posséder mon propre studio d'enregistrement.
J'ai mon studio personnel aujourd'hui et c'est super, mais j'ai toujours rêvé de faire tourner un studio professionnel.
J'aurais adoré ça – enregistrer des tas de groupes différents.
Il reste actuellement très peu de studios d'enregistrement de maquettes au Royaume-Uni, car on peut faire énormément de choses avec un logiciel sur un ordinateur portable.
Mais il y a 25 ans, quand j'ai formé le groupe "Red Sky" avec Dave Owen et Andy Marsden (le batteur et le nouveau bassiste de "State of Quo"), nous devions payer 40 £ de l'heure pour enregistrer des maquettes dans un studio local !
Aujourd'hui, la plupart des studios de ce type ont disparu, à cause de tous les logiciels et enregistreurs numériques qui permettent aux musiciens de s'enregistrer chez eux.

Pour ce qui est de mon propre studio, j'ai pour projet immédiat de réenregistrer quelques-unes des vieilles chansons que j'ai composées pour le groupe "Red Sky".
La plupart ont été écrites il y a 20 ou 25 ans. Je vais donc les actualiser pour les faire sonner plus modernes.
Elles sonneront moins Status Quo que les chansons de "Keep On Rockin’ On!", mais je suis impatient de leur donner une deuxième chance d'être entendues !

Bruno : Merci, Ian, de m'avoir consacré tout ce temps.

Ian : Je t'en prie. C'est moi qui te remercie !

PRESENTATION projet CD – Ian Hill

 

“Keep On Rockin’ On!” a été composé et enregistré comme un hommage personnel au groupe que j'écoutais adolescent dans les années 70 et que je continue à suivre aujourd'hui – Status Quo, le seul, l'unique !
 
Enregistrer cet album a été un vrai "travail d'amour", qui s'est fait presque involontairement !
 
Après une période de relative inactivité sur le plan musical, je me suis remis à composer des chansons il y a quelques années.
 
(Dans les années 80 et 90, je composais et jouais dans mon propre groupe, RedSky, un mélange de heavy rock et de rock commercial.)
Certaines des idées nouvelles qui me sont venues sonnaient beaucoup à mes oreilles comme le genre de morceaux que jouait Satus Quo dans sa période "classique" et que j'adorais écouter.

Au départ, j'avais dans l'idée de soumettre quelques maquettes directement à Status Quo, pour voir si ça les intéresserait de les utiliser.
Mais peu après avoir mis deux maquettes sur MySpace, j'ai constaté que les écoutes se multipliaient, suivies de demandes de gens qui voulaient savoir s'ils pouvaient les télécharger ou les acheter sur CD.
Au bout d'un an, les maquettes de MySpace avaient fait l'objet de plus de 30 000 écoutes et l'idée de réaliser un album complet était devenue un projet viable.

Dès la fin 2011, l'album "Keep On Rockin' On!" complet pouvait être commandé en ligne, sur CD et via téléchargement numérique.
 
Cet album a fait pas mal de bruit dans le monde de Status Quo, avec de nombreuses réactions des fans irréductibles de la période des années 70, mais aussi des nouveaux fans du groupe.
John "Rhino" Edwards, le bassiste de Status Quo, en possède lui-même un exemplaire et m'a fait part de son intention de le passer dans le Tour-Bus de Status Quo, avec ce commentaire : "C'est du très bon boulot !"

Actuellement, l'album est disponible sur CD à l'adresse suivante :
www.ianhill.bigcartel.com 
Des extraits des différentes plages de l'album peuvent en outre être écoutés et téléchargés sur le site :
www.ianhill.bandcamp.com 
 
La station de radio en ligne allemande SQRR (Status Quo Rock Radio) diffuse régulièrement l'album qui a été récemment présenté en Norvège sur NRK Nettradio, où le DJ Bård Ose l'a décrit en ces termes :
"La chanson et le son sont si bons que cet album pourrait constituer la suite de Blue For You."
 
Avec “Keep On Rockin’ On!”, j'ai essayé de reproduire toute la saveur de la musique de Status Quo au fil des ans et je suis ravi que certains fans du groupe aient salué cet album comme "le meilleur album jamais réalisé par Status Quo".

Totalement autofinancé et autoproduit, l'album s'est déjà vendu à suffisamment d'exemplaires pour rembourser son coût de fabrication et les commandes continuent à affluer quotidiennement de toute l'Europe et au-delà.

Mon projet suivant est de réenregistrer quelques-unes des chansons que j'ai composées pour mon ancien groupe, RedSky, et que j'ai jouées avec celui-ci.
On peut écouter les maquettes originales de certains morceaux du groupe datant des années 80 et 90 sur le site :
www.myspace.com/ukredsky 

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Francis Rossi aka Frame or the Gomor Rick Parfitt aka The Womor Alan Lancaster aka "Nuff" John Coghlan aka "Spud" Roy Lynes Andrew Bown Pete Kircher Matt Letley John "Rhino" Edwards Jeff Rich Bob Young Leon Cave the new boy 2013 Paul Hirsh