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Compte Rendu de Belle-Done

Je me décide à le poster ce compte rendu, mais sans photos, je les attendais mais Lucie n'arrive pas à me les envoyer, zut, c'est ballot ; j'essaierai quand même de les récupérer car il y a quelques clichés inoubliables...

Nous partîmes à 6 mais nous nous vîmes 6 mille en arrivant au Champ du Louet !

Arrivée vers le milieu de l’après-midi aux abords du festival. Suis avec 2 copines, Lucie (qui a pris au dernier moment la place du copain au pied cassé), Marie, et 3 adolescents excités comme des puces. Marie s’est mis des lentilles de couleur rouge, on dirait un vampire, ses enfants ont mis des lentilles horribles, on dirait qu’ils ont les yeux crevés, je ne leur adresse plus la parole tant ça me fait tort !

 Evidemment, il faut marcher car pas moyen de se garer tout près. Il fait très très chaud (27 ou 29°)   shorts, débardeurs + casquette et lunettes de soleil de rigueur. On n’a pas encore franchi les portes de l’enfer que déjà on croise une bande de dingues très agités. L’un d’eux, chevelure et barbe orange fluo, crie dans un mégaphone   « des Nichons, on veut voir des nichons ! » Oh la, ça commence bien, toutes les filles décampent, portant instinctivement leurs bras devant leur poitrine, moi je suis juste morte de rire.   

 
Ça y est, on entre sur le site, ouaouh, impressionnant, déco digne d’un film d’horreur, une tête de mort géante trône devant une reproduction de la rue Camden (la rue des Punks à Londres), plus loin un corbeau gigantesque semble guetter sa proie, un impressionnant « arbre des ténèbres », et la foule, la foule, la foule.



 
Première étape, la banque, acheter des jetons de boisson. Puis tour de repérage des 5 hectares piétinés. La mainstage 01 est occupée par Extrême, un groupe qualifié dans la catégorie Hard Rock/Funk, plutôt curieux ce mélange, la voix est puissante, ça fait du bruit. On se ballade parmi une foule hétéroclite même si le jean et le tee-shirt noir estampillé groupe rock (Iron Maiden, Dream Theater, Aerosmith…) est un peu l’uniforme, nous croisons toute sorte de déguisements : des poussins, des schtroumpfs, des chevaliers des croisades, des garçons bouchers couverts de sang…. Pfff, même pas peur ! Mais je n’oublie pas pour qui je suis là, et dès 18 heures, retour vers Mainstage 01 pour attendre mes chéris. Je me faufile façon petite souris, « pardon », « oups, désolée », « sorry » (quelle hypocrite je fais) et j’avance, je perds mes copines mais pas le nord. Je m’engouffre dans le sillage d’un couple de 60naires qui grappillent sans vergogne quelques mètres et me voilà bloquée au 5ème rang, plus moyen d’avancer mais je vais pas faire la difficile.

 

Quo quo quo       

Et ils arrivent ! Difficile de décrire ce que j’ai ressenti mais c’est inutile ici puisque vous savez tous ce que « ça fait » d’être face au Quo ! L’émotion est d’autant plus forte que c’est la première fois que je les vois d’aussi près (à part Rhino évidemment) et en plein jour. Classiques, ils démarrent avec Caroline histoire de poser le décor. Je n’ai pas la set list en tête, désolée, mais la plupart de leurs grands titres s’enchaînent en version raccourcie pour le plus grand plaisir du public. Tous les titres ne sont heureusement pas « coupés » : The Oriental (avec la petite choré de Mr Parfitt et Mr Rossi) Paper Plane, Again and again, et même Big Fat Mamma. Petit bémol, le son était « pourri », trop de graves, quand Rick a chanté Big Fat Mamma, je l’entendais à peine, comme si son micro déconnait. Je pense qu’en fait, j’étais trop près de la scène, au détriment de la qualité du son. Mais être près de la scène a ses avantages, j’avais enlevé casquette et lunettes pour être « reconnaissable » et comme je saute comme une gazelle, John a fini par me reconnaître et m’a adressé un grand sourire accompagné de son fameux geste de la main avec le pouce levée. Allez, la vlà encore accrochée aux nuages la Béné, hi hi hi. Mais un peu de calme, les jeunettes de 20 ans placées derrière moi commencent à me trouver lourde : « pardon les filles, désolée de vous avoir bousculées ». «  Pas grave » me répondent-elles avec un sourire indulgent (sic !)

Bon, 50 minutes, ça passe très très vite, c’est surement pas le meilleur concert du Quo que j’ai vu, mais ce fut quand même un excellent moment. Andy était souvent sur le devant de la scène lui aussi, guitare brandie vers le ciel bleu à l’unisson de la basse du Rhino…. Que du bonheur !

C’est déjà fini, donc, et la foule commence à se disperser. C’est là que je croise nos 3 ados excités, (ils nous avaient larguées dès l’entrée sur le site, normal). « alors Belle Done, tu l’as vu « ton » Rhino ? » Ils se marrent devant mon état d’hystérie (ben oui, ça me rend hystérique Status Quo) ; de leur côté, ils les découvraient et ont trouvé ça « bien comme musique » et « ils ont la pêche, et Rhino a l’air sympa ! ». Et sur ces bonnes paroles, on se quitte, je retrouve mes copines, qui elles connaissaient le Quo mais jamais vu sur scène. Elles arborent de larges sourires béats, font de longs commentaires sur la pêche des papy du rock, leur plaisir évident à être sur scène, (Lucie se demande si c’est orgasmique, je lui réponds que oui oui, ça doit l’être) le beau sourire de Rhino (là c’est pas moi qui le dis).

Pique nique dans les bois

Pour se remettre de nos émotions, et comme il est 20 heures, on va manger un bout, et puis on a besoin de se poser aussi…. On s’achète des fajitas, des verres de muscadet (bah oui, on est à Clisson quand même) et on s’installe dans le petit bois, à même le sol, dos calé contre des petits chênes offrant une ombre providentielle. Là encore, ça cause « nichons » (mais qu’est ce qu’ils ont tous ?   ) et je dois donner mon avis sur la question à une bande de gamins de 20 ans, perruqués, déguisés, équipés de guitares, ou gonflable ou en carton. Ils partent ensuite dans un délire propre aux mythes véhiculés par le hellfest (les sacrifices humains, les bébés égorgés, les messes noires et les buveurs de sang…) « Bon appétit Madame ! », « merci les petits, pour un peu vous me l’aviez coupé »…

Bon, c’est pas l’tout mais c’est l’heure de Deep Purple, retour mainstage 01 ! Je vous le dis tout de suite, je ne suis pas fan mais quand même ravie de les voir, eux aussi ont la pêche, eux aussi sont contents d’être là, la voix de Ian Gillan est toujours aussi puissante et ça envoie... Sauf que je ne vois ni la scène, ni l’écran, ça m’agace, autant écouter un CD dans mon salon, et après Smoke on the water, on bat en retraite et allons nous asseoir face à un autre écran plus en retrait. C’est là qu’un pichet plein de bière échappe des mains d’un maladroit et atterrit sur mes jambes, merci, ça rafraîchit. Le jeune homme se confond en excuses, « pas grave mon gars, mais quel gâchis, toute cette bonne bière répandue au sol ! »   

« Pas grave », c’est souvent revenu ça, tellement qu’il y avait de maladroits qui s’en prenaient toujours à moi, j’ai failli sortir la coquille d’œuf de Caliméro.    



La bande à Tyler   
Ensuite, il y a eu le plus beau concert de cette journée, celui qui a relié jeunes et moins jeunes, une prestation époustouflante qui a démarré vers 23 heures et duré deux heures.

 Ça commence comme un défilé de mode, pantalon et manteau en lamé gris, grande écharpe fluide, incroyable chapeau haute couture, colliers, boucles d’oreilles, bracelets, vernis noir aux ongles, grosse trace de rouge à lèvres sur la joue droite, cheveux très très longs ondulés, petite moustache (donc c’est bien un mec), dents incroyablement blanches, on dirait la version rock du pirate des Caraïbes, le capitaine Jack Sparrow, mais non, c’est bien le très ambigu et très sexy Steven Tyler et son complice ce « Joe fucking Perry » comme il le présentera plus tard.

Steven, tu nous as régalés, le son était énorme, le spectacle formidable. Il fait sa coquette, quitte son manteau, (je remarque qu’il est épilé sous les bras) puis noue son écharpe autour de son front (elle glisse tout le temps donc il finit par s’en débarrasser), il nous abreuve de ses longs déhanchés en parcourant l’avant-scène à grandes enjambées, ponctuées de sensuelles mises en évidence de son petit postérieur. Son micro est « décoré » de rubans, il le brandit, le fait tourner, ça fait un peu penser au « twirling » et puis il a une quinte de toux, se frappe le plexus à grands coups de poings et nous assène un rot énorme (sans doute pour confirmer sa virilité). Joe le suit sans broncher, rivé à une magnifique guitare customisée.

On pourrait croire qu’il est antipathique, hé bien non, même pas. Une jeune fille au premier rang s’évertuait à le prendre en photo mais comme il bouge tout le temps le bougre, elle désespérait. Il se penche pour prendre son Iphone, se fait un selfie, et le lui renvoie, trop cool le Steven. Plus tard il demandera à une autre  « What’s your name baby ? » Elle lui répond et le voilà qui chante son prénom, scotchée la fille et nous autres également. Oh et puis, c’est l’anniversaire du batteur, donc il nous invite à lui chanter « Happy birthday to you Joe (ou Jack ? me souviens plus très bien) »


Les standards ont défilé : walk this way évidemment, crazy (ma préférée) I don’t want to miss a thing reprise en chœur par un public uni, c’était magnifique, et puis des nouveaux titres puisqu’Aerosmith vient de sortir « une nouvelle galette » pour reprendre les termes Rock’n Roll ! Autre grand moment, une reprise des Beatles qui, la encore, a fait l’unanimité : Come together ! En fin de prestation, un piano blanc est amené sur l’avant scène, la coquette s’est changé et arbore des peintures roses et jaunes fluos sur le visage, pour nous jouer un titre que je ne connais pas. Joe Perry est debout sur le piano, c’est excellent, puis Steven rejoint son complice, on est encore et toujours sous le charme.     
Ça y est c’est fini, il nous salue, et… ça c’était drôle, les enceintes diffusent Mannish Boy avec la voix (sauf erreur de ma part) de Muddy Waters, et Steven fait semblant de chanter, rejoint l’arrière de la scène, nous fait un numéro de danse style folies bergères, un technicien l’imite, gros plan sur ces 2 jambes, ha ha ha, il est fort Monsieur Tyler dans l’auto-dérision ! (mais bon, il parait quand même que lorsqu’il rend visite à sa fille Liv, il lui emprunte des fringues !)

Le concert de l’enfer   

Il est une heure du matin, la dernière étape de cette journée se profile : Avenged Sevenfold. Je ne connais pas mais les ados ont converti Marie, leur mère, qui m’a à son tour convaincue qu’il fallait être dans les premiers rangs et nous y sommes (encore au 5ème pour moi, grâce à un gentil garçon qui m’a proposé de passer devant lui sinon je n’aurai vu que ses larges épaules). Lucie a renoncé, elle n’en peut plus, et comme son téléphone n’a plus de batterie non plus, je lui donne RDV plus tard à l’arbre de l’enfer !

Alors qu’on attend les Avenged, je ressens soudain une douleur aigüe dans la nuque, aïe, « pardon Madame », bah oui, il m’a brûlée avec sa cigarette le maladroit, décidément   … Des petits feux s’allument sur la scène, un pétard explose (je sursaute), les feux s’embrasent soudainement, (je sens la chaleur qu’ils dégagent), le groupe déboule sur la scène et là c’est le public qui s’embrase et là ça craint : me voilà ballotée dans un pogo furieux et violent, mon pied gauche va rester coincé sous le pied d’un colosse… Quand ils ne « pogottent » pas, ils prennent des photos, donc je vois surtout des bras levés et des iphone, ils hurlent, le son est saturé, je n’entends même pas la musique, à priori, ce n’est pas ma tasse de thé de toute façon. Donc, il faut arrêter le massacre des oreilles et des pieds de la Belle Done qui commence à paniquer dans cette folie, je me retourne, Marie s’accroche désespérément à un autre colosse pour ne pas être emportée, on se croirait dans une mer déchaînée, je recule de toutes mes forces, attrape le bras de Marie qui du coup est en panique elle aussi, on se cramponne mutuellement de toutes nos forces comme si l'une était la bouée de l'autre, et on commence à opérer un retrait stratégique mais difficile, personne ne nous laisse passer, on se croirait face à un mur, il faut qu’on pousse comme des brutes… Ouf, ça y est sorties d’affaires, on file vers un bar, on a bien mérité une petite bière, mon cœur bat à 100 à l’heure et mon pied gauche est laminé.

 

Au coin du feu

J’oublie vite la mésaventure, Marie veut récupérer un pichet Hellfest pour son fils mais les bars n’en ont plus, alors je fais la quête dans le public et à la deuxième tentative, un gros barbu tatoué me répond : « te bile pas, garde tes jetons, je t’en fais cadeau ! » Ils sont cools les festivaliers. On retrouve Lucie, il fait nuit, un peu frais, j’ai enfilé un tee-shirt Status Quo par-dessus mon débardeur, et ça attire : « Alors Madame, vous avez aimé le concert du Quo ? » C’est encore un gamin de 20 ans, il m’explique qu’il est venu avec son père, un fan de Deep Purple, je trouve ça cool.

Plus loin, de grands feux ont été allumés et de nombreux festivaliers sont assis autour, nous les rejoignons, on sent que la furie de la journée se relâche, le son d’A7X (Avenged Sevenfold en code) est loin, c’est calme. Je troque une cigarette contre un verre de bière (les affaires sont les affaires) un londonien vient me demander si j’étais à l’Hammersmith cette année, on papote, on est bien !

2 heures du mat (j’ai des frissons), ça y est, c’est fini pour de bon. On retrouve sans problème nos ados au point de RDV fixé, et de nouveau cette longue marche vers le parking. On monte en voiture et le trajet retour (environ 15 km) nous paraîtra interminable tant nous sommes crevés.   


Le bilan
Mais rien à regretter, c’était tout simplement génial. Les détracteurs du Hellfest devraient d’abord y venir avant de « dédracter » : moi j’ai vraiment eu l’impression d’être dans une grande fête avec plein de copains (certes tous des maladroits comme le Rhino, hi hi hi,). La courtoisie n’est pas un mythe avec tous ces « pardons Madame », « bon concert Madame », « bon appétit Madame »…. Bon, c’est sûr, tous ces « Madame », ça me rappelle que je n’ai plus 20 ans comme eux…

Courtoisie, bonne humeur, ambiance plutôt bon enfant… me font oublier les petites déconvenues même si je suis rentrée épuisée et couverte de poussière et qu’encore aujourd’hui j’ai un pied d’éléphant, je suis prête à y retourner l’année prochaine pour peu que la programmation me corresponde. Bien sûr il y a de la « viande saoule » mais pas tant que ça finalement, et les gens bourrés ne font pas chier, ils se couchent dans l’herbe et cuvent ! Il y avait surtout des gens réunis autour de la musique, majorité de français, normal, mais aussi des allemands, des anglais, des espagnols, des italiens…. Et aucune violence ou agressivité. Par contre pas moyen d’approcher les groupes (un peu normal vu le nombre de festivaliers), le carré VIP, le parking des bus, tout cela est derrière les main stages et bien barricadé ! Snif, snif, pas de photos avec Mr Edwards cette fois. Mais de jolis souvenirs plein la tête. Je me rends compte que j’ai écrit presque 4 pages et je n’ai même pas tout dit ! Allez, je me tais, je vais plonger mon pied dans l’eau salée et me repasser ces belles images… en boucle !    

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Francis Rossi aka Frame or the Gomor Rick Parfitt aka The Womor Alan Lancaster aka "Nuff" John Coghlan aka "Spud" Roy Lynes Andrew Bown Pete Kircher Matt Letley John "Rhino" Edwards Jeff Rich Bob Young Leon Cave the new boy 2013 Paul Hirsh